30 mai 2012

Le berger du parking de Sin El Fil

« Gervaise, péniblement, allait toujours, aveuglée, perdue. Elle touchait les arbres pour se retrouver. À mesure qu’elle avançait, les becs de gaz sortaient de la pâleur de l’air, pareils à des torches éteintes. « Emile Zola – L’assommoir-   Il est là. Personne ne le regarde. C’est l’homme translucide. Une méduse à encaisser l’argent qu’il reversera à son patron. Imperturbable au regard vide. Il arpente l’asphalte. Beau de jour. Il n’a plus de dents. Elles ont été rongées par l’infortune. Verrouillées. Le dénuement.... [Lire la suite]
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29 mai 2012

Une hirondelle filante à Byblos

« L’exil (…) C’est la fissure à jamais creusée entre l’être humain et sa terre natale, entre l’individu et son vrai foyer, et la tristesse qu’il implique n’est pas surmontable. » Edward W. Said.   Une rencontre improbable. Le miracle de Beyrouth. Le Liban. Un carrefour pour les âmes errantes. Exilées sans l’avoir choisi. Des femmes. Elles ne se connaissent pas. Un restaurant italien. Marinella à Mar Mickael. Une cantine chic à la patronne souriante. Aux affiches romaines. Tables parfumées au gardénia. Destins en... [Lire la suite]
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23 mai 2012

Le ballet d’Iris

« Puis venaient les plus ravissantes giroflées et des œillets qui saluaient de tous côtés. Ils étaient accompagnés de musique : des coquelicots et des pivoines soufflaient dans des cosses de pois à en être cramoisies. Les campanules bleues et les petites nivéoles blanches sonnaient comme si elles avaient eu des clochettes. Venaient ensuite quantité d'autres fleurs, elles dansaient toutes ensemble, les violettes bleues et les pâquerettes rouges, les marguerites et les muguets. « Hans Christian Andersen. Un soir à Beyrouth. Une... [Lire la suite]
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17 mai 2012

Revoir Damas et sourire

« L’homme ne meurt pas en une seule fois. Chaque fois qu’un proche, un ami, une connaissance à lui meurt, la place que ce proche ou cet ami occupait meurt dans l'âme de cet homme. Avec le temps, avec les morts qui se succèdent, il meurt en nous de plus en plus d’endroits. Moi, je porte en moi un grand cimetière. » Moustafa Khalifé Je me souviens il y a quelques années en arrière. C’était avant que je ne devienne une citoyenne Suisse respectée. A la croix blanche sur fond rouge. C’était lorsque je n’étais qu’une libyenne au... [Lire la suite]
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15 mai 2012

Ils sont là...

A mon amie Josiane la libanaise exilée dans cette Suisse presque sans faute… Si proches. Seuls. A quatre sur ce rocher. A l’ombre du pin. Je les vois. Ils sont là. Ils discutent. Je suis curieuse. Oreilles dressées, j’essaye de capter quelques bribes imperceptibles. C’est la faute au vent capricieux. Il empêche les âmes perdues et amoureuses de se rencontrer. Parfois des regards croisés. Furtifs. Volés. Dérobés sur une route où ils ne font que passer. Passants du désespoir. Nomades chassés. Locataires de poubelles abandonnées. Assis... [Lire la suite]
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11 mai 2012

Panne

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