" En exil, on n'est jamais satisfait, placide, en sécurité. L'exil, pour reprendre les mots de Wallace Stevens, est "une humeur hivernale" dans laquelle le pathos de l'été et de l'automne ainsi que la promesse du printemps sont proches mais inaccessibles. C'est peut-être une manière de dire que la vie d'un exilé évolue selon un calendrier différent, elle est moins saisonnière et installée qu'une vie chez soi. L'exil, c'est lorsque la vie perd ses repères. L'exil est nomade, décentré, contrapuntique et, dès que l'on s'y habitue, sa force déstabilisante surgit à nouveau. " E. W. Said - Réflexions sur l'exil.